Ōra
« Pour fabriquer un monde nouveau, il faut partir d’un monde qui existe. […] Pour en découvrir un, peut-être faut-il en avoir perdu un. Ou être soi-même perdue. La danse du renouveau, celle qui a créé le monde, a toujours été dansée ici, au bord, à la limite, sur la côte embrumée. » Ursula K. Le Guin.
Ōra, version latine du mot « littoral », « rivage », « côte », ou encore « bord » ou « limite », serait-elle le nom d’une nouvelle terre émergée du littoral normand ? Dans le cadre de sa résidence à Deauville, Cécile Genest invoque le fantasme d’un paysage originel par la mise en lumière d’une nature ensauvagée. Trompe-l’œil d’un territoire tropical, exotique et mystérieux, Ōra nous rappelle la constante évolution des paysages, façonnés par les cycles et le mouvement incessant des éléments et des sédiments, caractéristiques des rivages terrestres.
A French photographer born in 1979 in Nantes, Cécile Genest lives between Paris and Nantes. Deeply influenced by German objective photography, she pays tribute to nature in all its forms and power, from its lushness to its infinite variety. Through the view camera and a close-up framing, she composes a portrait of the plant world that is both precise and evanescent, on the border between the terrestrial and the aquatic, where the image plays tricks on the eye and reveals the strata of life, between a buried past and a wild present. The artist reminds us that disorder is a condition of life, where biodiversity and geodiversity are intimately linked. Represented by the Caroline Berton agency, she has exhibited at the Itinéraires des Photographes Voyageurs festival (Bordeaux), amongst other venues.